« Amy »: De la gloire à la déchéance.

Amy est un documentaire biographique sur la chanteuse Amy Winehouse , mais c’est également un film d’horreur… On regarde le fantôme tourmenté d’une femme qui a un talent sans limite dans la chanson mais qui est maudite dans la vie. A travers des images vidéo chez elle à la maison , des enregistrements de concerts , interviews télévisées , on a cette impression dérangeante de la voir mourir à petit feu devant nous. Tuée à cause de ses dépendances aux drogues et à l’alcool, et par l’écosystème cruel de l’industrie de la musique qui se nourrit d’abord de son incroyable talent pour ensuite la dévorer lors de sa chute . Amy est l’un des meilleurs films documentaires que j’ai vu récemment mais aussi l’un des plus difficiles à regarder.

Le réalisateur est Asif Kapadia , son précédent documentaire est Senna  (sur le célèbre pilote de F1, également mort trop jeune) . Dans Amy , comme dans Senna, Kapadia assemble un récit  presque entièrement fait  de documents d’archives et de témoignages traditionnels. Les interviews audio des amis de Winehouse , des managers , des membres de la famille, des musiciens, ainsi que les confessions de la chanteuse forment l’arc de l’histoire . Mais ce qui marque le plus ce sont les images, voir Amy passer de jeune ado enthousiaste à popstar dépressive…

Amy ne se résume pas au voyage d’un génie vers l’enfer. C’est avant tout une histoire déchirante , et la tristesse omniprésente que l’on ressent en visionnant Amy vient de la façon dont nous réalisons lentement la vulnérabilité d’une vie. Dès la première scène où l’on voit l’ adolescente Amy chanter Joyeux Anniversaire , on ressent déjà tout son amour pour la musique et le fabuleux potentiel de sa voix ! Elle aime la musique de tout son coeur , et pourtant c’est  la musique  (ou plutôt l’ industrie de la musique )  qui la conduira  dans les recoins les plus sombres de son propre esprit…

Si l’industrie de la musique est responsable du sort d’Amy, ce n’est pas la seule. Au final tout l’entourage d’Amy a été, à différents degrés, complice de sa chute. Blake Fielder-Civil, mari d’Amy de 2007 à 2009, est celui qui a enfoncé la chanteuse dans les drogues.  Son père , Mitchell , a quitté la famille lorsqu’ Amy avait deux ans, mais est revenu pour travailler avec elle une fois que sa carrière a décollée , et dans le film on le dépeint tour à tour comme un père attentionné et un opportuniste! La pression de l’ industrie de la musique qui obligeait Winehouse à chanter des centaines de fois son album Rehab, même lorsqu’elle était au fond du trou! Et bien sûr, les vautours de la presse people qui se sont amusés à transformer Amy en Freak Show…. Quel gâchis!

Master of Screen

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