El Chapo : Narcos reste le patron

El Chapo Saison 1

Série américaine, co-produite par Netflix et Univision, sur la vie de Joaquin « El Chapo » Guzman.

Avec Marco de la O, Humberto Busto, Luis Fernando Peña, Juan Carlos Oliva

 

 

De quoi ça parle ?

La 1ère saison de ‘El Chapo’ commence en 1985 au Mexique et raconte les débuts de Joaquin ‘El Chapo’ Guzman dans le cartel de Guadalajara, son ascension dans le monde des narcotrafiquants jusqu’à sa 1ère arrestation. 

 

 

Ce que j’en ai pensé

Surfant sur le succès de Narcos, Netflix  (en collaboration avec Univision) nous plonge cette fois dans la vie d’un autre célèbre baron de la drogue , Joaquin « El Chapo » Guzman. Guzman est surtout connu du grand public pour ses évasions spectaculaires de prisons de haute-sécurité, comme celle en 2015 où il s’est enfui via un tunnel de 1,5 km, creusé pour l’occasion. La vie de Guzman, comme celle d’Escobar pour Narcos, se prête parfaitement pour le format TV , sa vie de criminel a connu de multiples rebondissements capables de tenir en haleine les spectateurs pour plusieurs saisons. Au total trois saisons sont prévues pour raconter la vie d’El Chapo.

Si dans l’ensemble cette 1ère saison est plutôt correcte, elle est loin d’atteindre le niveau de qualité des deux saisons de Narcos. La faute à un scénario et à des personnages bien moins travaillés. Dans Narcos, Pablo Escobar est dépeint comme un criminel sans pitié, prêt à tout pour devenir le Roi de la drogue, mais il a également un côté humain, proche de sa famille, qui d’une certaine façon le rend attachant. On a peur d’Escobar, mais on a aussi du respect pour ce génie du crime. Dans El Chapo, à aucun moment Guzman ne semble être digne de ce statut de grand criminel craint de tous, il est sans relief et sans charisme, probablement tout le contraire du vrai Chapo. Plus étrange encore, les scénaristes le font presque passer pour un gars finalement pas si méchant que ça et rarement premier responsable des atrocités qui se produisent au cours des neuf épisodes que composent cette saison, les vrais méchants sont les autres trafiquants et surtout le gouvernement corrompu jusqu’à la moelle. La dernière partie en prison est la plus révélatrice du parti pris par les scénaristes, Guzman est présenté comme un martyr, se faisant honteusement maltraiter par les gardiens de prison. On parle quand même de l’ennemi public numéro un au Mexique et responsable de la mort de dizaines de personnes… Tous les personnages dans El Chapo souffrent d’un grand manque de développement, du coup comment s’investir totalement dans un récit si l’on ne s’attache pas au minimum à un personnage? Autres problèmes qui empêchent El Chapo d’être au niveau de Narcos , la gestion du temps et du contexte politique/historique. Narcos était assez bien documenté sur la situation politique en Colombie et sur les dates clés de l’ère Escobar. Dans El Chapo le contexte politique au Mexique n’est pas très clair, et il n’est pas toujours simple de se situer dans le temps. La saison débute en 1985 et se termine en 1993, mais difficile de se situer entre les deux. Je sais que le budget des deux séries n’est pas équivalent, mais ici c’est surtout dû à la paresse des scénaristes.

Malgré ces imperfections, El Chapo se laisse regarder. Les épisodes ne sont pas trop longs et sont dans l’ensemble bien rythmés. Le Binge-Watching de Netflix prend tout son sens avec El Chapo, au rythme d’un épisode par semaine je ne l’aurais sans doute pas terminée. Si vous connaissez un minimum l’histoire de Joaquin Guzman cette saison ne vous apprendra rien, mais vous saurez également que le meilleur reste à venir. Et il semblerait que nous devrions pas attendre trop longtemps puisque la 2ème saison est déjà prévue pour septembre !

John

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