« Foxcatcher » (2014): Le rêve américain brisé

Plongée fascinante et inquiétante dans les failles d’une Amérique patriotique. Steve Carell est incroyable dans le rôle du milliardaire excentrique John du Pont.

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Passé un peu inaperçu lors de sa sortie chez nous, début 2015, Foxcatcher est pourtant un film qui mérite d’être vu.

Inspiré d’un fait divers, le film se déroule dans les années 80. Mark Schultz et son frère Dave viennent de remporter chacun une médaille d’or en lutte aux JO de Los Angeles ; Channing Tatum et Mark Ruffalo, tous deux excellents (oui même Channing Tatum!). Mais le retour au quotidien est difficile, Mark est viré de son poste d’entraineur de lutte et se décourage petit à petit à quelques mois de la défense de son titre aux JO de Séoul 88. L’espoir revient lorsque le milliardaire John du Pont (méconnaissable Steve Carell) lui propose de rejoindre son club de lutte, le Foxcatcher. De son côté Dave refuse dans un 1er temps de le rejoindre, mais l’idée de mettre en place la meilleure équipe de lutte au monde finit par le convaincre. Mark, étouffé par l’ombre de son frère, nouera une étrange relation malsaine avec le milliardaire, entre manipulation et drogue, qui finira par détruire le moral et la motivation du lutteur.

 

Steve Carell révèle dans Foxcatcher toute l’étendue de son talent. Connu pour son rôle de Michael Scott dans la série The Office et pour ses comédies (40 ans toujours puceau, Evan Almighty,…), Steve joue ici à mille lieux de ses rôles comiques. Il interprète donc le rôle de John du Pont, inquiétant milliardaire qui prend sous son aile un champion olympique et dont les motivations sont floues, mix de patriotisme à l’américaine  (époque Reagan vs l’URSS) et de volonté de prouver à sa mère castratrice qu’il peut accomplir quelque chose de grand. Personnalité complexe, ambiguë,et  à la limite de la schizophrénie, John du Pont met mal à l’aise tout au long du film. Cette impression est accentuée par le maquillage totalement bluffant effectué sur le visage de Steve Carell.

Aux commandes de ce drame, on retrouve le réalisateur américain Bennett Miller, connu pour ses films Capote en 2006 et Moneyball en 2011, film ayant déjà comme cadre un sport, le baseball.

Brilliant.

 

Master of Screen

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