Ghost in the Shell : Une version sans âme du manga culte

Ghost in the Shell

Film de science-fiction américain réalisé par Rupert Sanders, sorti le 29 mars 2017.

Avec Scarlett Johansson, Takeshi Kitano, Michael Pitt, Juliette Binoche

 

‘Ghost in the Shell’ : Scarlett Johansson dans le rôle de Major

 

De quoi ça parle ?

Adaptation live du manga Ghost in the Shell de Masamune Shirow.

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on lui a volé. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

 

 

Ce que j’en ai pensé

Ghost in the Shell n’est pas la pire adaptation live d’un manga, Dragon Ball Evolution est indétronable à ce petit jeu, mais il n’en reste pas moins un beau ratage. Le film de Rupert Sanders n’arrive pas à la cheville du manga culte de Masamune Shirow, multipliant les bourdes, que ce soit au niveau du scénario, de la mise en scène ou du casting. Le film a malgré tout quelques qualités, surtout visuelles, mais avec une telle oeuvre à disposition et un budget de 110 millions de dollars on pouvait espérer (beaucoup) mieux…

Manga majeur des années 90, Ghost in the Shell propose une vision assez flippante du futur où les technologies prennent de plus en plus d’importance. Critique des dérives liées aux technologies, questionnement philosophique sur la place des hommes et des robots dans la société, Ghost in the Shell est une oeuvre visionnaire qui a influencée de nombreux artistes, comme par exemple les Wachowski pour leur film Matrix.

Lorsque j’ai appris que Hollywood allait adapter le manga, j’ai directement senti la catastrophe arriver. Rupert Sanders à la réalisation? Vraiment? Son CV se résume à Snow White & the Huntsman, qui est déjà loin d’être un chef d’oeuvre. Scarlett Johansson dans le rôle de Major? Elle n’a pas du tout le charisme du personnage animé. Mais le pire ce sont les scénaristes, ils n’ont rien compris au manga. Ils lui ont enlevé son côté philosophique et les questions existentielles liées aux machines. Le coeur du manga, en gros. Est-ce qu’un cyborg peut développer des sentiments, avoir une conscience et une âme? Ici rien de tout ça, ils insistent sur le fait que Major ce sent comme un cerveau humain piégé dans un corps de robot, ce qui n’est pas du tout le cas dans le manga original. Le film dénature complètement le personnage en lui inventant un passé. Passé dont elle a encore quelques bribes et tente de s’y accrocher. C’est totalement faux et la fin, limite ridicule, est une insulte pour tous les fans du vrai Ghost in The Shell.

Il faut être honnête, tout n’est pas mauvais dans le film de Sanders. Visuellement le film est assez réussi, et même plutôt fidèle au manga animé sorti en 1995. Reprenant même certaines scènes quasiment plan par plan. Un vrai travail a été effectué pour tenter de coller un maximum à l’univers d’origine,  et  c’est encore plus rageant lorsque l’on voit que le scénario, lui, suit le chemin inverse.

Au final, pour apprécier un minimum ce Ghost in the Shell version 2017, mieux vaut ne pas connaître l’oeuvre d’origine. Pour les autres, retournez voir l’animé des années 90.

 

John

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