Le Redoutable : Une performance XXL de Louis Garrel

Le Redoutable

Film français réalisé par Michel Hazanavicius, dont la sortie est prévue pour le 13 septembre  2017. J’ai vu le film lors du Festival de Cannes 2017.

Avec Louis Garrel, Stacy Martin, Berenice Bejo

 

De quoi ça parle?

Il s’agit de l’adaptation du livre Un an après d’Anne Wiazemsky, paru en 2015.

Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde.
Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoiste hors système aussi incompris qu’incompréhensible.

 

Ce que j’en ai pensé 

Michel Hazanavicius, réalisateur du multi-primé The Artist, s’attaque au mythique Jean-Luc Godard, réalisateur emblématique de la Nouvelle Vague française des années 50-60. Hazanavicius se concentre sur la période 1967-1970, durant laquelle JLG remet en question son cinéma, s’investit dans les mouvements de mai 68 et voit son mariage avec la jeune Anne prendre l’eau de toute part. Le film s’inspire du livre Un an après d’Anne Wiazemsky (ex-femme de JLG), paru en 2015. Le Redoutable est en compétition officielle au Festival de Cannes, c’est à cette occasion que j’ai pu le découvrir, sa sortie en salles n’étant prévue que pour le 13 septembre prochain.

Le Redoutable est, comme les précédents films d’Hazanavicius, plaisant à regarder. Coloré, rythmé, et même parfois inventif, Hazanavicius mise tout sur la forme. C’est du cinéma pop, que l’on consomme avec plaisir mais que l’on oublie rapidement. L’histoire, par contre, est beaucoup moins engageante que les images. Le Redoutable se focalise sur la période maoïste de JLG, ce qui aurait pu être intéressant mais Hazanavicius n’a aucun recul ni d’objectivité, il fait passer JLG pour un sombre connard, sexiste, limite fou à lier. C’est sans doute en partie vrai mais Hazanavicius n’apporte aucunes nuances à son récit. JLG est le méchant, ses proches sont les victimes. Le film ne va pas plus loin.

Heureusement pour Le Redoutable, Louis Garrel offre une performance XXL dans la peau de Jean-Luc Godard. Mimétisme quasi parfait, même dans la façon de parler, Garrel magnétise l’écran et est bien aidé par quelques dialogues bien sentis. Il joue à la perfection l’enfoiré qu’on adore détester. De la à prétendre au prix d’interprétation masculine à Cannes? Pourquoi pas, mais pour le moment ma préférence va à Colin Farrell pour son rôle dans ‘The Killing of a Sacred Deer’ que je viens de voir ce matin.

John

 

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