Lion : Quand la réalité dépasse la fiction

Lion

Film américano-britannico-australien réalisé par Garth Davis, sorti le 22 février 2017.

Avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, Sunny Pawar

 

‘Lion’, Sunny Pawar

 

De quoi ça parle ?

Au milieu des années 80 en Inde, Saroo vit dans la plus extrême pauvreté. A 5 ans, il est séparé de sa famille et se retrouvé sans domicile fixe dans les rues de Calcutta. Bientôt recueilli par une famille australienne, il apprend l’anglais, intègre une autre culture, loin de ses origines. Devenu adulte, Saroo décide de retrouver la trace de sa mère… Adapté du récit autobiographique de Saroo Brierley.

 

‘Lion’, Rooney Mara et Dev Patel

 

Ce que j’en ai pensé

Parfois, dit-on, la réalité dépasse la fiction. Lion, basé sur l’histoire autobiographique de Saroo Brierley, raconte le voyage étonnant de son auteur, perdu à l’âge de cinq ans dans les rues de Calcutta, à plus de 1600 km de chez lui, jusqu’à sa quête en tant qu’adulte pour retrouver sa famille d’origine. A la fois triste, effrayant et inspirant, Lion est un long métrage puissant, filmé et joué avec passion, qui ne laissera personne indifférent.

La première partie de Lion, qui se concentre sur le jeune Saroo, est exceptionnelle. Garth Davis capte à merveille la peur du petit garçon et la confusion d’être séparé de son frère puis bloqué dans un pays étranger où il ne connait ni la langue ni la culture. Le jeune acteur débutant Sunny Pawar, révélation du film, représente parfaitement la vision d’un enfant perdu dans ce grand monde effrayant.

Le film perd de sa force lorsqu’il se déplace en Australie. Bien qu’il n’y ait rien à reprocher à la prestation de Dev Patel, il y a un décalage entre son interprétation de Saroo et celle de Pawar. Certes, 25 ans se sont écoulés, mais il est difficile pour le spectateur d’accepter que ces deux acteurs jouent la même personne. Et bien que le voyage de Saroo dans son village natal soit essentiel pour terminer l’arc narratif du film, le personnage est moins intéressant comme adulte que comme enfant, l’histoire est bien moins intense que dans sa première partie.

Le rôle de Rooney Mara en tant que petite amie de Saroo, Lucy, est superflu. Elle est sensée avoir un impact important dans l’évolution de Saroo mais je ne l’ai pas ressenti de cette façon. Tout le contraire de Nicole Kidman, qui a mis de côté son statut de superstar pour jouer un petit rôle peu glamour mais émotionnellement très fort. Elle interprète la mère adoptive de Saroo, Sue Brierley. Bien que certains des acteurs-clés de Khandwa et de Calcutta soient professionnels, beaucoup ne le sont pas. Dans la scène finale, par exemple, il n’y a que des résidents de la région.

Pour Davis, les producteurs, et le casting, raconter l’histoire de Saroo aura été une expérience extraordinaire sur le plan humain. Le film documentaire qui clôture le film a été tourné par Davis pour une émission spéciale détaillant la vie de Saroo. Patel s’est plongé dans l’histoire de son personnage afin de mieux le jouer. Et l’équipe de production a refusé de déplacer le cadre de l’Australie à l’Amérique,  compromettant du coup le soutien d’un grand studio (et l’argent associé). Lion représente un engagement remarquable de la part de ceux qui sont impliqués.

Mis à part quelques défauts, j’ai trouvé Lion magnifique, un conte surprenant de résilience et de détermination. Coup de coeur!

 

John

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