« Sully » : Héros malgré lui

Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney

 

 

De quoi ça parle ?

Le 15 janvier 2009, l’incroyable se produit : un avion qui vient de subir une terrible avarie réussit à se poser sans encombre sur les eaux glacées du fleuve Hudson, au large de Manhattan. Bilan : les 155 passagers ont la vie sauve ! Un exploit hors du commun accompli par le commandant « Sully » Sullenberger et bientôt relayé par les médias et l’opinion publique. Partout dans le pays, la presse s’empare du « miracle sur l’Hudson ». Et pourtant, alors même que le pilote est salué comme un héros, une enquête est diligentée qui menace sa réputation et sa carrière…

 

Ce que j’en ai pensé

Après Flags of Our Fathers (2006) et American Sniper (2013), Clint Eastwood continue avec Sully sa quête de démystification du mythe de l’American Hero. Flags of Our Fathers , un des meilleurs Eastwood, s’attarde sur l’exploitation de l’héroïsme et des valeurs américaines par la classe politique. American Sniper est une réflexion sur la déshumanisation de la guerre et les dérives du patriotisme. Avec Sully , Eastwood s’attaque aux fondements même de l’American Hero.

La responsabilité de chacun est remise en cause. Est-ce que le commandant Sully, malgré le fait qu’il ait sauvé les 155 passagers de son vol, a pris la bonne décision ou bien a-t-il risqué inutilement la vie de toutes ces personnes? Est-ce que l’enquête à son encontre est justifiée?  Faut-il privilégier l’avis d’experts et de machines ou bien le facteur humain? Comme à son habitude, Eastwood pousse la réflexion assez loin et pose les bonnes questions, sans jamais tomber dans la facilité. Il n’oublie pas également de pointer du doigt le rôle de la télévision, qui a médiatisé ce fait divers à outrance dans le but de faire un max d’audimat (évidemment..).

Clint Eastwood a tout au long de sa carrière de réalisateur toujours remis en cause les institutions américaines et plus globalement le fonctionnement de l’état. En gros, les individus sont les héros et les institutions/organisations les bad guys. Cette mise en avant de l’humain est un trait caractéristique de l’oeuvre d’Eastwood et Sully ne déroge pas à la règle. Jusqu’à modifier ce qu’il s’est vraiment passé? Possible… D’après certains, le commandant Sully n’a jamais été persécuté par une commission d’enquête. Vrai ou pas? L’important n’est pas là finalement. Car au-delà des questions que posent le film, Sully est avant tout un hommage à tous ces gens ordinaires qui accomplissent des actions extraordinaires. A tous ces gens qui sauvent des vies tous les jours.

En seulement 1h36, Eastwood livre un film intense, captivant mais également impressionnant. La scène du crash est spectaculaire et filmée avec brio. Et dans la peau du commandant Sully, on retrouve un Tom Hanks convaincant. Une prestation sobre et très « Eastwoodienne », l’anti-héros qui a juste « fait son job ». Après quelques films décevants (American Sniper, Jersey Boys, J.Edgar, Hereafter), Clint Eastwood revient en grande forme avec Sully et sera sans doute un des favoris pour les prochains Oscars.

 

 

John

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