The Beguiled : Le dernier Coppola ne séduit pas

The Beguiled

Film américain écrit et réalisé par Sofia Coppola dont la sortie est prévue pour le 23 août 2017. J’ai vu le film lors du Festival de Cannes 2017.

Avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst

 

De quoi ça parle ?

En Virginie en 1864. Alors que la guerre de Sécession fait rage, le pensionnat pour jeunes filles tenu par Martha Farnsworth demeure totalement en dehors des conflits. Mais un jour, le pensionnat recueille un soldat, gravement blessé.

 

 

Ce que j’en ai pensé

The Beguiled, de l’élégante réalisatrice américaine Sofia Coppola, est la seconde adaptation du roman A Painted Devil de Thomas P. Cullinan. La 1ère adaptation fut réalisée par Don Siegel en 1971 avec Clint Eastwood. The Beguiled nous plonge dans une communauté de jeunes filles recluses dans un somptueux  pensionnat en Virginie, à l’abandon alors que la Guerre de Sécession fait toujours rage. Entre jardinage, prière et musique de chambre, les jeunes demoiselles sont surveillées de près par la directrice Martha Farnsworth (Nicole Kidman) et son bras droit l’enseignante Edwina Dabney (Kirsten Dunst). L’hébergement inopiné d’un soldat nordiste blessé à la jambe, John McBurney (Colin Farell), va peu à peu libérer les désirs et jalousies au sein du groupe…

J’ai du mal avec le cinéma de Sofia Coppola. The Virgin Suicides (1999) est un excellent film, et comme beaucoup de monde j’ai aimé Lost in Translation (2003), mais depuis j’ai vraiment du mal. Marie-Antionette (2006) m’a laissé de marbre, Somewhere (2010) est bon mais sans plus et The Bling Ring (2013) est franchement mauvais. Alors qu’attendre de The Beguiled ? Je me rappelle avoir apprécié la version seventies de Don Siegel (peut-être influencé par le fait que je suis un gros fan de Clint) et j’étais intéressé de voir la vision ‘de femme’ de Coppola sur ce récit. J’ai très vite déchanté.

Dans cette version ce sont les femmes du pensionnat qui sont au centre du récit, le soldat John McBurney étant un peu relégué au second plan . C’est évidemment là que réside tout l’intérêt de la version Coppola. Le problème est qu’on a vraiment du mal à comprendre les actions et réactions des personnages, les rivalités entre les filles au sein du pensionnat ne sont pas expliquées et sont peu compréhensibles. Ni les filles ni le soldat ne sont suffisamment développés pour que leurs actes soient justifiés. On se retrouve avec un groupe de femmes en chaleur face à un soldat un peu con, des personnages sans relief qui du coup empêchent les potentielles tensions sexuelles et psychologiques. Le film n’est pas aidé par un rythme mollasson, même lorsque le ‘twist’ arrive. Le dernier acte est bizarrement rushé, comme si Coppola voulait en finir au plus vite, alors que le film ne dure déjà que 91 minutes. Grosse déception donc, car il y avait le potentiel avec cette histoire et ce casting de créer un vrai thriller psychologique et érotique. Tout n’est pas à jeter évidemment, surtout au niveau technique. Le film est très beau, certains plans sont magnifiques et la photographie est superbe. Cette esthétique soignée relève un peu le niveau, dommage que le reste ne suive pas.

 

John

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