« Trumbo »: Bryan Cranston au sommet

« Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende. »

Trumbo est un très bon film. Il dépeint une Amérique paralysée par la peur de voir son nouveau statut mondial (le film commence en 1947) ébranlé par les communistes. Cette « chasse aux communistes » est l’une des pages les plus sombres de l’Amérique post seconde guerre mondiale. Le film égratigne également le Hollywood des années 50 (déjà bien critiqué dans le Ave Caesar! des frères Coen, sorti en février) et son boycott des scénaristes communistes.

Le film de Jay Roach couvre près de trois décennies de la vie du scénariste américain Dalton Trumbo, avec Bryan Cranston dans le rôle titre. Trois décennies d’ une vie très riche, compilée dans un long-métrage de 2 heures. Trop peu pour un sujet si vaste et captivant, une mini-série style HBO aurait été le format idéal. Cela n’enlève rien aux qualités de Trumbo, un excellent film sublimé par la prestation 5 étoiles de Cranston.

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Le plus grand plaisir du film est justement de voir Bryan Cranston , inoubliable Walter White dans la série Breaking Bad , enfin exploser dans un grand rôle au cinéma. Son portrait d’un héros plein de courage, sans doute idéalisé, parfois agaçant mais toujours attachant, est à ranger au rayon des meilleures prestations de l’année. Helen Mirren tire aussi son épingle du jeu dans le rôle de Hedda Hopper, une échotière anticommuniste et ennemie jurée de Dalton Trumbo.

Le réalisateur Jay Roach, grand habitué des comédies graveleuses (Austin Powers, Meet the Parents,..), signe ici un film fort qui plonge dans les rouages du Maccarthysme. Malgré la dureté du sujet, le cinéaste ne tombe jamais dans l’excès et arrive même à insuffler assez de légèreté dans son oeuvre pour la rendre aussi divertissante qu’intelligente.

 

Master of Screen

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