Valérian et la Cité des mille planètes : Les Bourrins de la Galaxie

Valérian et la Cité des mille planètes

Film de science-fiction français écrit, produit et réalisé par Luc Besson, sorti le 26 juillet 2017.

Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna, Ethan Hawke

 

 

De quoi ça parle ? 

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers.

 

Ce que j’en ai pensé

Je me rappelle du choc que j’ai eu en 1997 lorsque Le Cinquième Elément est sorti, j’avais 13 ans et je n’avais jamais vu un film de science-fiction comme celui-là. L’univers du film était fun, coloré et hyper inventif; le casting était au top, avec un Bruce Willis charismatique et au sommet de sa popularité, un Gary Oldman déjanté et une Milla Jovovich parfaite en Leeloo. L’ambiance kitsch et l’humour bien dosé donnaient au long-métrage de Besson une aura particulière. Le Cinquième Elément est devenu, avec le temps, un classique de la science-fiction et sans doute l’oeuvre la plus marquante de son réalisateur.

Le dessinateur français Jean-Claude Mézières, créateur de la bande-dessinée Valérian et Laureline, a travaillé avec Besson dans le développement du Cinquième Elément. Beaucoup d’éléments et d’influences de Valérian et Laureline se retrouvent dans Le Cinquième Elément, du coup lorsque le fantasque réalisateur français a annoncé son intention d’adapter sur grand écran la célèbre bande-dessinée de science-fiction, mon intérêt a été immédiat. Je n’aime pas la filmographie de Besson post-Cinquième Elément, de réalisateur visionnaire il est presque passé à réalisateur de nanars, Lucy étant le sommet de nullité. C’est pourtant grâce au succès colossal de Lucy au box-office mondial que Besson a pu lancer l’adaptation de Valérian. Doté d’un budget de 180 millions d’euros, Valérian et la Cité des mille planètes est la plus grosse production de l’histoire pour un studio indépendant (Europa Corp) et à pour ambition de lancer une nouvelle franchise capable de concurrencer d’autres space opera comme Star Wars ou Les Gardiens de la Galaxie. Rien que ça. Projet hyper ambitieux donc et déterminant pour le futur des grosses productions françaises (et européennes). Alors mission réussie?

Valérian et la Cité des mille planètes est une libre adaptation de Valérian et Laureline et s’appuie essentiellement sur le 6ème album de la BD, L’Ambassadeur des Ombres (1975). Je n’ai pas lu les différents albums de Valérian, je connais la trame principale et le style graphique mais je ne me suis jamais investi dans la lecture. Je ne pourrais donc pas juger de la fidélité du film vis-à-vis de la bande-dessinée. Esthétiquement le film puise dans les dessins de Mézières mais s’offre aussi beaucoup de liberté, ce que les avis des fans de la BD semblent confirmer. On en prend plein les yeux, j’ai vu le film en 3D et c’est très impressionnant. Les décors sont variés et globalement assez réussis, les scènes dans l’espace sont spectaculaires, les différentes races sont bien représentées, mais il y a clairement un manque d’originalité. Valérian est un mélange d’Avatar, de Star Wars et des Gardiens de la Galaxie. Cela ne m’a pas dérangé car l’univers est cohérent et bien rendu, mais je n’ai pas été surpris comme j’ai pu l’être à l’époque avec Le Cinquième Elément. D’un point de vue visuel il n’y a donc pas grand chose à reprocher à Besson si ce n’est un côté ‘déjà-vu’ trop présent, c’est avec les autres points que les choses se gâtent sérieusement.

Le scénario est écrit par Luc Besson et il aurait vraiment dû s’abstenir. L’histoire est laborieuse, j’en ai très vite perdu le fil, pour ne jamais réellement le retrouver. Il faut attendre la dernière partie du film pour enfin comprendre de quoi il en retourne. Un space opera se doit d’avoir une histoire épique, ou du moins une histoire où l’on s’attache aux personnages. Valerian n’a ni l’un, ni l’autre. L’histoire est fade, digne d’un téléfilm de la chaîne Syfy. Luc Besson enchaîne les scènes spectaculaires pour combler les trous de son scénario, mais ça ne suffit pas. Si au moins on pouvait s’attacher aux deux héros, mais non pas du tout! Dane DeHaan et Cara Delevingne sont catastrophiques! Dane Dehaan interprète Valérian, le héros de l’histoire, un croisement entre Han Solo et Star Lord. Problème? Il n’a pas le 1/8 du charisme d’Harrison Ford ou de Chris Pratt. Il est blême et semble être sorti tout droit d’un Twilight, à aucun moment je n’ai eu de la sympathie pour son personnage. Avec le mannequin Cara Delevingne (Laureline), Besson a voulu refaire le coup de Milla Jovovich. Malheureusement cette fois la sauce ne prend pas, elle passe le film à tenter de se souvenir de ses dialogues et de les réciter plus ou moins correctement. Elle ne dégage aucune émotion et n’a tout simplement pas sa place dans un film d’une telle envergure. Impossible de vous parler du méchant sans vous spoiler sur l’histoire mais là aussi c’est du grand n’importe quoi, on est très loin du Zorg (Gary Oldman) du Cinquième Elément… Comment est-ce possible dans une production pareille de se planter à ce point sur l’écriture des personnages et sur le casting? Quand tu sors de la salle de projection et que tu réalises que le personnage qui t’a le plus marqué est celui de Rihanna, tu comprends qu’il y a un gros problème…

Valérian et la Cité des mille planètes est un space opera spectaculaire mais creux. Le scénario est confus et sans grand intérêt, les personnages sont mal écrits et le casting complètement raté. Il reste cependant de belles images et un univers plutôt bien rendu, mais c’est bien peu pour une production si ambitieuse et coûteuse, et vu les premiers résultats au box-office américain, Valérian risque bien de se transformer en fiasco monumental !

 

John

 

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